Bretagne Vivante, programmes Life : phragmite aquatique

Plan du site | Impression | Mise à jour : 13/11/2018

Gestion des niveaux d'eau

La restauration de l'habitat du phragmite aquatique passe par une maîtrise des niveaux d'eau, permettant des inondations hivernales et des étiages estivaux, tout en conservant en août et septembre au moment du passage des oiseaux, des mares peu profondes et des prairies faiblement inondées par 1 à 20 cm d'eau.

 

 

Trois sites, trois problématiques différentes

 

Sur Rosconnec : les marais sont parcourus par d'anciens fossés de drainage de 100 m de long sur 1 à 2 m de large et de profondeur, qui interdisent toute inondation temporaire et limitent le nombre et la taille des mares.

Sur Trunvel : les niveaux d'eau sont stables et hauts toute l'année. De surcroît, ils augmentent progressivement au fil des ans, depuis que la brèche naturelle s'est ensablée au début des années 1990. Cette immersion continue provoque une dégradation de la qualité de l'eau, une disparition de la végétation aquatique dans l'étang ainsi qu'un déplacement des roselières pures en périphérie du marais, supplantant les prairies humides où s'alimentent le Phragmites aquatique.
Sur Pen Mané : les vannes d'origine sont défectueuses et ne permettent plus de retenir l'eau. L'étiage estival est prononcé sur une longue période, de mai à novembre.

 

 

 

 

 

 

 

 


Le schéma ci-contre est celui des aménagements hydrauliques sur le site de Rosconnec.

Trois problématiques, trois solutions adaptées

 

 
Sur Rosconnec
Après expertises et autorisations administratives, 20 fossés de drainage ont été reconvertis en mares. Les travaux ont consisté à poser un bouchon argileux à leur sortie sur l'Aulne. Le bouchon a été prélevé à la pelle mécanique en raclant une bordure amont du fossé (créant ainsi un profil en pente douce supplémentaire). Une buse à clapet de 30 cm de diamètre, en PVC, traverse le bouchon. Elle est équipée d'un té côté intérieur, sur lequel sont juxtaposables des manchons de hauteur variable, fonctionnant comme des trop-pleins.
Trois mares d'eau douce de 1 100 m2 chacune et 500 m de fossés ont été créés dans la roselière en bordure du bassin versant.
Par ailleurs, les déblais (2 000 m3 de limon) ont été utilisés sur le site pour réaliser un talus en bordure d'une prairie mésophile, sur lequel une haie a été plantée.
Deux plus tard, les ceintures de végétation hélophyte basse se mettent progressivement en place autour des 24 mares, sur une surface totale de 0,7 hectare.
Sur Trunvel
La roselière centrale dépérit en raison de niveaux d'eau trop hauts toute l'année. Elle est repoussée en périphérie du marais et suplante les prairies humides favorable à l'alimentation du phragmite aquatique.
Les travaux hydrauliques consistent à restaurer la connexion naturelle entre l'étang et la mer, pour qu'il retrouve une partie de son fonctionnement d'habitat « lagune » et que les niveaux d'eau puissent baisser en été.
Les travaux hydrauliques après expertises et autorisations administratives ont consisté à ouvrir une brèche dans le cordon dunaire au droit du point de l'étang de Trunvel le plus proche de la mer (cf. carte ci-contre).
La tranchée est longue d'environ 75 m, profonde et large de 2 m. Son emplacement coïncide avec un accès facile à l'étang et une dynamique géomorphologique du cordon dunaire qui est modérée à cette endroit de la baie. Ainsi, la brèche s'ensable de nouveau chaque été et automne, ce qui garantit la protection des marais arrière-dunaires contre une intrusion excessive de la mer, sans qu'il soit nécessaire t'intervenir trop souvent pour désensabler.
La brèche a été pratiquée en septembre 2007. Depuis, le niveau de l'étang s'est abaissé en moyenne de 36 cm contre 50 cm initialement espérés. Néanmoins, on observe tout de même la recolonisation attendue des roseaux en direction du centre de l'étang, correspondant à autant de surface de zones d'alimentation libérées en périphérie.
Sur Pen Mané
Sur ce marais endigué, gagné sur l'estran dans les années 1970 pour y déposer les boues de dragage du port de Lorient, l'objectif des travaux consiste à obtenir une gestion de l'eau différenciée dans les deux casiers existants (lagune et marais). Une vanne défectueuse a été rénovée et une seconde vanne a été créée entre le marais et l'estuaire du Blavet en 2007.
Le creusement d'un fossé d'un kilomètre de long sur 4 m de large et 1 m de profondeur améliore la circulation de l'eau et assure la tranquillité du marais vis à vis de la divagation des chiens.

En 2008 et 2009, l'étiage a été contrôlé et limité aux mois d'août et septembre, tout en conservant des secteurs inondés (mares et nouveau fossé).

 

La figure ci-dessous schématise l'ensemble des travaux hydrauliques sur le marais de Pen Mané.

Principes d'aménagements

 

Plusieurs principes ont guidé ces aménagements hydrauliques :

  • Sur Rosconnec
  • conserver l'alternance eau salée de l'Aulne – eau douce du bassin versant, pour préserver les habitats d'intérêts communautaires du site (prairie subhalophile thermo-atlantique...),
  • permettre la circulation de la petite faune aquatique entre l'Aulne et les fossés pour que les aménagements soient bénéfiques à l'ensemble de la biodiversité locale,
  • avoir une gestion prédéfinie semi-automatique des niveaux d'eau pour minimiser les interventions humaines. 
  • Sur Trunvel
  • absence d'ouvrages hydrauliques en dur, car ils ne résisteraient pas en hiver aux assauts de la mer, très puissants en baie d'Audierne,
  • un entretien annuel de la brèche dont la date est souple et fonction de l'état d'ensablement, en concertation avec les autorités administratives locales et les propriétaires du site.
  • Sur Pen Mané
  • restaurer un fonctionnement de zone humide avec des inondations hivernales et des étiages estivaux,
  • conserver les intrusions d'eau de mer pour conserver la diversité des habitats.

 

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