Bretagne Vivante, programmes Life : phragmite aquatique

Plan du site | Impression | Mise à jour : 13/11/2018
L'étang de Trunvel

 

 Localisation et identité du site

   

Localité : 150 hectares de marais en baie d'Audierne, sur les communes de Tréogat et Tréguennec, Finistère, aux lieux-dits Kerbinigou, Trunvel et Kermabec.

Statut de protection du site : les marais appartiennent à la ZPS de la « baie d'Audierne » d'une surface de 1 709 hectares, répartis à 50% entre le domaine public maritime et le domaine terrestre. Elle accueille la reproduction d'ardéidés des roselières, de passereaux paludicoles et de limicoles notamment. La ZPS s'étend sur le littoral sud de la baie qui correspond à la partie marécageuse. Par ailleurs, l'étang se trouve en site classé.

Statut foncier : la propriété du site Life de l'étang de Trunvel se partage essentiellement entre les roselières, prairies humides et pelouses dunaires qui appartiennent au Conservatoire du littoral. La zone d'eau libre, quant à elle, est privée.

 

 
Fonctions écologiques :
  • réservoir de biodiversité des zones humides littorales, douces à saumâtres,
  • épuration des eaux douces du bassin versant,
  • protection contre les inondations des terres agricoles et habitations littorales.
 
Intérêts naturalistes :
  • Habitats d'intérêt communautaire (en souligné les habitats prioritaires) : lagune côtière (Eur15 1150), pré salé à jonc de Gérard (Eur15 1330; Cor 15.331), prairie subhalophiles thermo-atlantique (Eur15 1410 ; Cor 15.52), dunes fixées à végétation herbacée (Eur15 2130 ; Cor 16.222) ; dépressions humides intradunales (Eur15 2190 ; Cor 16.31 à 16.35) ; mare à potamot pectiné et characées et étangs eutrophes à végétation enracinée (Eur15 3150 ; Cor 22.13 et 22.42),
  • Habitats du Phragmite aquatique : 40 ha de roselières, 20 ha de prairies humides et mésohygrophiles,
  • Espèces floristiques de la liste rouge du massif armoricain, protégées au plan national (N) ou régional (R) : Astragalus baionensis (N), Luronium natans (N), Orchis laxiflora Lam. subsp. palustris (R), Polygonum maritimum (R),
  • Reptiles et batraciens : 50% des espèces bretonnes sont présentes sur le site,
  • Oiseaux : reproduction du blongios nain, du héron pourpré, du busard des roseaux, de la panure à moustaches, de la locustelle luscinioïde et du gravelot à collier interrompu notamment, ainsi que l'hivernage du butor étoilé et d'anatidés.

Activités socio-économique :
  • Agriculture et élevage bovin en périphérie immédiate du site dont une exploitation « bio »,
  • Chasse absente en raison d'un classement en réserve de chasse,
  • Pêche : l'étang est classé en 1ère catégorie (salmonicole) bien que les truites aient disparues depuis plusieurs décennies maintenant. Seul le propriétaire pêche le brochet et la carpe,
  • Le GR 34 contourne le marais,
  • Tourisme important et toute l'année dans les dunes bordant directement le marais.

 

Contexte écologique

 

L'étang de Trunvel est une lagune naturelle qui correspond à l'embouchure d'un ruisseau encaissé dont le vallon s'ouvre sur la mer. Son exutoire sur la mer, appelé localement « la brèche », s'est refermé récemment au cours des années 1990 à la suite d'un ensablement soudain du trait de côte en lieu et place de l'ancien cordon de galets. Les effets conjugués de la disparition de la brèche et d'un recul rapide du trait de côte provoquent une augmentation des niveaux d'eau dans l'étang et leur stabilité toute l'année. Ces hauts niveaux d'eau ont pour conséquence un dépérissement de la roselière au centre de l'étang par ennoyement et son déplacement en périphérie au détriment des prairies humides. La disparition des pratiques agricoles de fauche et d'élevage bovin dans les marais favorise la fermeture de ces prairies humides au profit de la roselière monospécifique et des saules.
L'absence d'étiage saisonnier provoque également une dégradation de la qualité de l'eau car les vases ne minéralisent plus et la quantité de matière organique augmente.

En dehors de l'étang proprement dit qui est eutrophe, une partie des roselières, les prairies humides et les dépressions dunaires sont plutôt mésotrophes, voire localement oligotrophes.

  

 

Problématique de gestion

  

Gestion des niveaux d'eau
L'ensablement naturel de l'ancienne brèche et le recul du trait de côte, retiennent une quantité croissante d'eau dans l'étang. Cette augmentation des niveaux conjuguée à une absence d'étiage annuel provoque la disparition de la roselière au centre de l'étang et son expansion en périphérie au détriment des prairies humides, milieux d'alimentation du Phragmite aquatique.

Gestion de la végétation
L'expansion des roselières et de la saulaie en périphérie du marais se fait au détriment de la mosaïque d'habitats et notamment des prairies humides. Les activités traditionnelles agricoles de fauche estivale et de pâturage bovin ont disparu et ne contrecarrent pas cette fermeture des milieux naturels.

La problèmatique de gestion sur l'étang de Trunvel consiste à inverser le mouvement de la roselière en lui permettant de recoloniser le centre de l'étang pour libérer de l'espace en périphérie et y restaurer des prairies humides.
 
Ci-dessous, l'orthophotoplan de l'IGN en 2000 illustre le contexte géographique et écologique de l'étang de Trunvel, réceptable des eaux du bassin versant et coupé de la mer par un large massif dunaire. Les roselières ont disparu du plan d'eau centrale et s'étendent en périphérie. La brèche visible sur la photo est celle de l'exutoire de l'étang de Kergalan, situé juste au nord et qui se vidange par un canal. L'étang de Trunvel en est isolé par une dune hydraulique couverte de roseaux.
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