Bretagne Vivante, programmes Life : phragmite aquatique

Plan du site | Impression | Mise à jour : 13/11/2018

Résumé du programme LIFE

La conservation du phragmite aquatique en Bretagne

 

Le phragmite aquatique Acrocephalus paludicola est le passereau d'Europe continentale le plus menacé d'extinction. Cela lui vaut d'être inscrit en liste rouge mondiale de l'UICN (Union mondial pour la nature) où il est classé « vulnérable ». Au niveau européen, il est classé « en danger » et il est inscrit à l'Annexe I de la directive « Oiseaux » de la Commission européenne.

Les effectifs reproducteurs, estimés à environ 13 000 à 19 000 couples (Aquatic Warbler Conservation Team, 2006), sont répartis pour l'essentiel entre la Pologne et la Biélorussie. La zone d'hivernage, mal connue, se situe en Afrique tropicale de l'ouest. Les informations obtenues depuis un quart de siècle par les stations de baguage dans le cadre du programme européen Acroproject, montrent que la zone principale de haltes et d'engraissement en migration post-nuptiale, se trouve dans le nord-ouest de la France, le long des côtes de la Manche, puis de l'Atlantique. Cette zone se présente sous la forme d'un chapelet de marais littoraux, le long des côtes normandes et bretonnes, de la baie de la Seine à l'estuaire de la Loire essentiellement.

La principale menace qui pèse sur ces haltes et qui résulte de la discrétion de ce petit passereau, est l'absence de gestion en faveur du phragmite aquatique, le plus souvent faute des connaissances nécessaires de la part des gestionnaires. Ce défaut de gestion va souvent de pair avec d'autres menaces qui caractérisent toujours le sort des zones humides : dégradation du fonctionnement hydraulique, atterrissement, pollution de l'eau, artificialisation (comblement, fauche intensive des roseaux, aménagements récréatifs ou cynégétiques). Ces menaces entraînent toutes une perte de la diversité d'habitats et une altération de leur fonctions écologiques pour le phragmite aquatique : fonction d'alimentation, de repos et d'orientation nocturne.

La motivation majeure de ce projet Life est donc d'augmenter la superficie d'habitats favorables pour le phragmite aquatique en migration, tout au long du littoral français atlantique. Cet objectif général se décline en deux objectifs spécifiques :

- assurer ou restaurer les fonctions écologiques essentielles à l'accueil du phragmite aquatique sur des haltes de migration importantes;
- promouvoir l'expérience de gestion acquise auprès des responsables et gestionnaires du chapelet de haltes migratoires.

En Bretagne le projet porte sur 3 sites classés en ZPS (zone de protection spéciale), sous la responsabilité du proposant, Bretagne Vivante - SEPNB, qui projette :

- d'améliorer la connaissance des haltes migratoires et du rôle de leurs habitats pour l'espèce : le projet prévoit pour cela une étude du régime alimentaire grâce à l'analyse des fientes récoltées sur les stations de baguage et un inventaire complémentaire de possibles haltes migratoires au printemps.
- de pérenniser la protection réglementaire de haltes majeures : cela consiste à maîtriser l'usage ou le statut foncier de 40 ha de marais par convention de gestion ou acquisitions.
- de mettre en place une gestion adaptée des habitats vitaux : les travaux programmés portent sur 265 ha de marais et consiste en travaux d'entretien par fauche pluriannuelle de roselières et de prairies subhalophiles, et par gestion des niveaux d'eau.
- de sensibiliser la population locale par la réalisation et la diffusion d'un film à la télévision et sous forme de conférences dans les communes, par l'édition d'une plaquette de sensibilisation et un programme d'animations destinées au grand public et aux scolaires. Le Life contribuera ainsi à l'intégration locale du réseau de sites Natura 2000.
- de diffuser l'expérience acquise aux gestionnaires et aux responsables concernés en France par l'organisation d'ateliers techniques et l'édition, en fin de programme, d'un recueil d'expériences. Ce recueil proposera par ailleurs une stratégie de conservation régionale. La programmation d'échanges avec la communauté scientifique internationale, complètent ce volet communication.

Le projet est proposé sur une durée de 5 ans et 4 mois, du 1er janvier 2004 au 30 avril 2009.


 

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